Mercredi 31 janvier 2007 3 31 /01 /Jan /2007 16:00

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Gérard BANCHEREAU
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photo: tous droits réservés

        
                  © 2oo4-  " Les éclats du silence "

                                                                                               
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Gérard BANCHEREAU ne réclame rien, il donne.
Par de multiples côtés, c'est un personnage fascinant. Sérieux, mais malicieux en même temps, il tutoie aussi bien les plus grands diplômés que les amateurs simples de la vie.

Dans le monde littéraire, il a parfaitement compris qu'il lui fallait entrer dans la cour des grands, et que cela n'enlevait rien à sa réalité "d'écrivain en herbe" de ses débuts.  Il a toujours eu un besoin impérieux d'écrire tous les jours, ou presque, depuis bien des années.  Dans les journaux étudiants, au secondaire, à l'Université, et dans sa chambre.
Il a commencé son premier journal à ses dix-huit ans et n'a jamais arrêté d'écrire depuis. Il écrit encore aujourd'hui beaucoup de choses ordinaires ou extraordinaires sur la vie qui l'entoure, pour pouvoir sortir à nouveau un livre dans un registre différent du précédent et c'est tant mieux, car il aime répéter qu'en littérature « la diversité fait la richesse ».  
Le livre sera publiable dans un proche avenir, Gérard Banchereau est un homme pressé, le temps qui s'écoule lui importe. C'est la perspective de la mort à venir qui double ainsi de joie cette impulsion, cet étrange stimulant de l'attente de la parution d'un nouveau livre et dans cette aspiration, il glane son énergie pour continuer un peu ce travail littéraire tant qu'il le peut encore, mais le verbe "glane" va puiser très loin, en des profondeurs sur lesquelles il ne s'arrête pas.
L'angoisse et l'émerveillement sont pour l'auteur très étroitement entrelaçés, comme deux tiges de glycine, impossibles à détacher l'une de l'autre...


                                                                                     
         
                   
Amoureux de la plume, des mots et plus encore des chevaux, Gérard Banchereau se démarque par une écriture empreinte de lyrisme. Dès qu'il aborde le monde animal en particulier, tout n’est que sensibilité au travers des phrases.
   

                                  
                            Dans son livre "Les éclats du silence", l'auteur consacre de belles lignes à son cheval Manzarin


Depuis son plus jeune âge, il est très engagé sur le respect de la planète et la "conjugaison" entre l'homme, la nature et les animaux.                                                                                                                         
                                                                                                                        
"Cascade de la civilisation",
recueil de 180 pages traitant sur le monde du cheval, fut son tout premier galop d'essai littéraire et distribué confidentiellement à ses amis cavaliers. A dix-neuf ans c'était déjà pas si mal.
On peut donc considérer que les chevaux lui ont vraiment donné une envie physique d’écrire et l’équitation lui a permis d’écrire des choses plus personnelles.                         
Quelques années plus tard, dans son livre "Les éclats du silence" de belles lignes y seront consacrées. Les chevaux sont vraiment l’élément déclencheur de son talent d’écrivain !


                                                      
                                                                      

De son goût d'écrire, il avoue d'ailleurs avoir plutôt appris en lisant de grands écrivains.
Cette façon d'appréhender les choses est particulièrement séduisante. Et plutôt que d'adopter la position hautaine de bon nombre d'auteurs juchés sur leur vanité, Gérard Banchereau avec son regard vif et pénétrant, préfère continuer à regarder le monde dans le blanc des yeux.

Ludique et conséquent tout à la fois, ainsi pourrait-on résumer le personnage qui donne l'image d'un de ces seigneurs d'autrefois à la sérénité au moins apparente à un caractère indomptable.
Il est très têtu et obstiné, on le devine.
Au-delà de ce qui lui reste aujourd'hui comme passions, il s'investit dans la vie en tant qu'observateur tout en gardant son franc-parler s'appuyant sur ses analyses et ses valeurs.

                                                                                                               
                                                           
Il y a chez des personnes, une manière d'aimer qui impose ses propres idées comme étant le bien et le vrai suprêmes.
Mais avec Gérard Banchereau, on aime en respectant l'autre et avec le souci de son bonheur, avec le respect de son identité, quelle qu'elle soit.
Il tient à ses idéologies mais il est capable de discuter de ses idées en acceptant les idées des autres. Considérons donc que c'est quelqu'un « d'obstiné positif »... 

Il y a beaucoup de choses qui lui tiennent à cœur, comme la tolérance, l'égalité, la justice sociale, le mélange des esprits culturels.  Et bien d'autres choses encore...                                                 
Il vous dira aussi qu'il déteste beaucoup de choses dans la société comme l'ignorance, l'indifférence, les préjugés imbéciles, la méchanceté chronique.
Pour lui, un humain, c'est un humain, et chaque humain a la même valeur à ses yeux.
Mais çà, vous allez l'apprendre en discutant avec lui.

Ses amis qui l'ont côtoyé, qui le connaissent, saluent en lui un "passeur de culture", quelqu'un de libre,  ami de la vérité, ennemi de l'injustice jusqu'à l'impertinence, peut-être jusqu'à l'insolence.  Il y a du “ chevalier Bayard ” en lui, diront ses amis cavaliers ! .

Gérard Banchereau est le genre de garçon qui résolument préfère  « servir » que « gagner  ». C'est un Français de pure souche qui a préféré vivre dans la fraternité, s'intéresser aux autres, quelqu'un de très sociable, d'autres diront en plus bien sympathique ! -  À vous d'en juger ! 
Ce qui est certain c'est qu'il est un garçon de convictions !


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Bien que qualifiée de satisfaisante, sa première grande tentative littéraire n'est pas encore vraiment à son goût.

Notre Auteur, lecteur passionné par l'Histoire de la Grèce Antique, disciple inconditionnel de Jacqueline Worms de Romilly, Académicienne depuis 1989, également Membre de l'Institut, professeur honoraire au Collège de France et Professeur à la Sorbonne (là où ils se sont rencontrés), veut trouver son souffle, façonner sa substance.   

Par ailleurs, Gérard Banchereau, assurément très exigeant, pense qu'un éditeur ne doit pas simplement éditer ce qu’il aime, ce
 serait bien trop simple. Il doit publier les livres qu'il aime mais surtout qu'il peut défendre, et selon Banchereau, la littérature doit aussi être, pour un éditeur, une passion de la découverte et de l'effacement de celui-ci qui doit rendre visible l'écrivain qu'il révèle, et non l'inverse.

Une réflexion opportune de Gérard Banchereau qui fédère d'ailleurs un grand nombre de jeunes auteurs. Doivent comprendre les éditeurs qui n'ont qu'à bien se tenir !

 

Il y a donc, au-delà du fait que son livre "Les éclats du silence" soit le premier jalon d'une œuvre sincère de plume courageuse, et lui a valu succès, un plaisir d'écrire caractérisant le personnage qui fait tout son charme, le tout accompagné d'un parlé-franc.

Gérard Banchereau est quelqu'un qui a parfaitement assumé, bon gré, mal gré, sa vie, et a parfaitement su que d'être un fin observateur appelait un certain nombre de réflexions sur l'existence, d'autant plus que la sienne, dans une jeunesse plutôt difficile et ponctuée de nombreuses embûches qui l'auront beaucoup affecté, lui laissera à jamais un souvenir amer.


Un livre qui parle aux lecteurs et qui les rapproche 

Dans son livre "Les éclats du silence", la diversité des sujets traités est le prolongement direct des activités de son auteur, et on est sans cesse frappé par la densité de l'univers que restitue l'auteur dans ses textes, par le fourmillement des détails tous chargés de sens, qui depuis toujours paraissent avoir transfiguré et poétisé chaque instant d'une existence ordinaire et tellement compliquée.
Dans un livre, il est assez rare que l'écriture et l'évènement se conjuguent et se répondent avec autant d'intensité émotionnelle.

L'auteur est quelqu'un de très spirituel, d'une grande lucidité, qui, en publiant ce livre, dépeint avec cruauté les malaises de notre société. De ceux-là, nous n'en sortirons jamais grandis. 

"Les éclats du silence" est un ouvrage à la fois tendre et colérique, glacial et brûlant, en équilibre impeccable avec ce que l'on pense sur le sujet. 
330 pages au fil desquelles est mise en lumière l'histoire d'une écriture en pleine métamorphose offrant une complicité auteur-lecteur agréable et parfaite.
Cet auteur nous fait pleurer d’envie devant son humanité, son humour, son érudition, son talent.


                              


Avec modestie, Gérard Banchereau montre qu'écrire ainsi rapproche les hommes et est le moyen réel du rêve accompli d'être présent aux autres.
Humaniste, tel est notre homme.
Pour ses lecteurs, se donner à lire est aussi donner à vivre à la hauteur "du roman de vie" toujours à réinventer pour qu'il soit meilleur...

Le style du récit, sa perfection, ressemble beaucoup à son auteur, à sa volonté de tout dire même si l'auteur apparaît alors probablement assez antipathique pour certains, car si l'on tient à dire la vérité, on raconte forcément nos mauvais côtés et des blessures infligées aux autres...
Il faut être sensible malgré tout au fait que cet acharnement à l'écriture a été précisement écrit, et superbement écrit et expliqué dans ce livre "Les éclats du silence" qui pousse jusqu'à l'extrême l'analyse de la fragilité décourageante du monde humain pour lui opposer le sentiment d'une véritable pérennité.
Rien n'effacera donc pour nous le rayonnement de cette plume qui dit sa foi en l'écriture.


                                                         

Son écriture précise évite les automatismes et les stéréotypes de langage, surtout au regard du thème principal abordé dans son livre: les conséquences de l'inceste.
Sur ce thème tristement éternel et toujours recommencé depuis des siècles, de l'affrontement entre le Bien et le Mal, de la nécessité absolue de la justice et de l'exigence, et peut-être plus encore, du pardon tant attendu, Gérard Banchereau écrit juste et fort. L'importance de l'écrit est une réalité incontestable.
Pour lui, l'écriture est ici un moyen d'expression qui lui permet de s'évader, de mieux comprendre les travers de l'humanité, d'extérioriser la souffrance et, espérons le maintenant, de l'adoucir, mais il faudra du temps et beaucoup d'amour.  
                                                    
Parfois, ici ou là, le déploiement syntaxique rend compte de la réelle complexité des processus de pensée ou des sentiments, ou bien de la spécificité de l'environnement décrit, pour pouvoir, au plus juste, "le donner à voir" par l'écrit.
A cela, s'allie une fluidité grâce à un travail d'écriture sur le rythme du récit et parfois la musicalité des mots, dans un ton très direct, très parlé, parfois presque familier, apporte une respiration, une pause tranquille, dans un livre qui relate une jeunesse difficile. Il a su ainsi moderniser et tonifier le style de l'écriture.
Peut-être, inconsciemment, est-ce son amie madame l'Académicienne qui le guide dans ses premiers écrits et qui sans cesse lui rappelle qu'il faut observer, regarder, disséquer du regard avant d'écrire, savoir puiser dans les 5 sens: la vue, l'ouïe, le toucher, l'odorat et le goût !.

                                          
                                        Tableau "des 5 sens" peint vers 1872-1879 par Hans Makart (1840-1884) 

                                       
"Les éclats du silence", enfin, remue les méninges et occupe d'intelligente manière; un livre où, incisifs, ses mots font mouche dans un sujet grave et émouvant, le style, sans fioritures, où l'écrivain icône du courage sous des torrents de souffrances intérieures, révèle des choses par des mots encore remplis de détresse silencieuse, nous amène à la réflexion dans ce monde de non-dits, là où l'homme est un loup pour l'homme.

Ces fragments de mémoire que Gérard Banchereau manie avec science et subtilité, parlent au lecteur et constituent pour lui des repères qui se tiennent avec énergie et constance, manière de remettre de l'ordre et du sens où, sans cela, il n'y en aurait pas.
Nulle emphase ici, nulle prétention, nul hermétisme face au tabou.  

                                                                      
                                                                                                                                                                                    
"Les "Les éclats du silence" de Gérard Banchereau allait ainsi, par la force des choses, devenir la première vraie création de l'auteur. Elle s'est faite sous le signe du courage qu'il a cultivé envers et contre tout.
Il faut absolument lire ce livre; Il est de ceux qui exaltent la dignité des hommes et qui les appellent à grandir.
L'auteur a eu cette capacité d'écrire ce livre et de rendre ainsi le périssable (la mémoire des humains) en mémoire inoubliable (la mémoire de l'écrit), l'inscrire dans l'ordre de la permanence.


                                                                         

En dehors de la littérature, Gérard Banchereau, autrefois cavalier émérite, a également consacré avec brio une grande partie de sa vie de loisirs à l'Equitation et à la Protection du Cheval, et à ce titre, a été promu au grade de Chevalier de l'Ordre National du Mérite Agricole par décret du 14 Janvier 1991 du Président de la République, sur proposition du Ministre de l'Agriculture et de la Forêt, distinction qui lui a été décernée au titre des actions menées en France en faveur de l'Equitation et des Sports Equestres.

Gérard Banchereau devenait alors en France le plus jeune citoyen à recevoir le titre de Chevalier.

   G-Banchereau-France91

   
                                                                       

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          l'Académie de l'esprit littéraire
                 
          ©  Webles -France Europe-
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          L'interview
            de Gérard BANCHEREAU



 un écrivain au joli brin de plume

                                         Interviewé en Janvier 2007,  juste deux  années
                              après la parution de son livre " Les éclats du silence ",  
                             Gérard Banchereau s’est prêté au jeu du questionnaire
                                                               avec franchise et bonne humeur.

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W: Comment a commencé le livre "les éclats du silence" ?

GB:  A l’origine, je voulais faire les écrits-mémoire pour moi et moi seul. Le journal intime n’était qu’une succession de textes courts sur papiers libres de tous formats qui n’étaient pas reliés par une trame narrative.
Le premier tiers du processus d’écriture, je me suis vite rendu compte que l'amas de feuilles de papier prenait la direction d’un livret d’apprentissage. Peu à peu, au fur et à mesure des écrits, cela prenait même l'allure d'un livre, qui d'ailleurs allait le devenir...
J'ai écrit "Les éclats du silence" avec la protection d'usage “ toute ressemblance avec des faits ou personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence...etc, ” une version diligente pour écrire en toute liberté afin que les lecteurs s'autorisent à comprendre quelque chose de plus à notre destin d’hommes et de femmes, du pourquoi nous nous aimons ou nous détestons. Du pourquoi nous traversons notre existence comme un voyage parfois compliqué. Dans ce sens-là, alors, toute vie est un roman. La mienne y compris.

Ecrire ce livre a été une expérience très simple et très singulière, celle de raconter ce pan de vie qui fut mien , j'ai voulu tenter de le décrire, sans modifier en rien la réalité. Elle paraît parfois simplette, banale, mais peu importe, j'ai voulu la dire juste comme elle était, sans rien inventer, sans rien ajouter ni corriger. Jamais je n'ai rien écrit qui reflète plus directement ce qui fut pour moi ma vie et ma vérité.
Je devrais sans doute m'excuser de cette indiscrétion, mais à mon sens de telles expériences n'ont de sens que si elles reflètent quelque chose d'authentique, et si, quitte à être ridicules, elles sont au moins totalement sincères.  
                                                                                
Je ne voulais pas pour autant que dans mon récit, tel ou tel autre personnage suscite le complet rejet, mais qu’on s’y attache de temps en temps; Même si je passais mon temps à le haïr, on se ficherait bien de savoir ce qui lui arrive. J’ai donc inconsciemment tenté de retrouver ce va-et-vient entre empathie et rejet à l'égard de l'un et de l'autre.
Si le récit rebute certains lecteurs, c'est que ces derniers ne veulent pas admettre que la perversité humaine existe et s'ils sont jouissifs aux méfaits d’un pervers, ils sont alors détestables et crédibles dans leur  caricature d'esprit tordu et là, j'ai un sentiment de répulsion.
Moi je n’inventerai pas le cachou rond en disant que les personnages dégueulasses sont toujours plus intéressants que les gentils.

Pour terminer de répondre à la présente question,  je dirais que pour écrire ce livre, Il faut croire qu'il y avait beaucoup plus de forces souterraines en moi agissant en dessous du seuil de ma conscience, prêtes à jaillir par la moindre fissure.
De fissure en fissures, le mur du silence a craqué début 2002 et s'est alors construit
"Les éclats du silence" deux ans plus tard.
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W:  La sortie de ce livre a t-elle été une belle aventure pour vous?

GB:
  Elle a été une simple aventure qui a débuté en Juin 2004 lorsque l'éditeur m’a appelé pour me dire qu’il voulait lancer "Les éclats du silence". Depuis lors, le processus de publication a suivi normalement son chemin. Maintenant qu’il est totalement achevé et que le stock de livres est épuisé (!), j’ai une sensation de soulagement, de joie, mais surtout de la satisfaction. Je l’ai enfin fait.
Maintenant, j’ai besoin de beaucoup préparer ce qui deviendra l'autre livre,  le prochain.
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W:  Vous pensez donc écrire un nouveau livre?

GB:  Pour être honnête, c'est très probable dans un proche avenir. Il y a aussi eu un temps où je voulais arrêter d’écrire, mais je me suis rendu compte que je ne pouvais pas. Cela serait comme si je perdais mon âme. Donc, pour le meilleur comme pour le pire, je crois que je suis destiné à continuer ainsi, mais qu'on se le dise, je ne suis pas un fabricant à la demande !.
Je précise cependant que pour moi un livre représente deux ans de travail, parfois plus. Et en deux ans il peut arriver tant de choses...
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W: Comment écrivez-vous au départ: à la main, à l'ordinateur ?, et avez-vous autant de débit à l’oral qu’à l’écrit ?

GB:  Les deux de façon très exhaustive. J’écris mes manuscrits avec un stylo plume bien souvent. Par la suite je transcris mes pages sur ordinateur. J’ai essayé une fois de faire l’inverse, je n’y arrivais absolument pas.

Ai-je autant de débit à l’oral qu’à l’écrit ? Je ne suis pas sûr que débit soit le mot que j’aurais choisi. Question pleine de malice je vois; Disons que je sais être convaincant, en allant puiser mes raisonnements dans plusieurs registres. Je m’exprime facilement à l’oral mais l’écrit reste mon mode d’expression privilégié.

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W: Une question technique: pouvez-vous détailler le cheminement d’une telle rédaction : plan/pas de plan, documentation ou non, création des personnages en amont, "brouillons", repères sur les relations entre les personnages etc...?

GB:  Je fais toujours un plan sur papier, de quelques pages. J’essaie d’établir une chronologie des événements, et j’écris à peu près 10/12 lignes sur chaque personnage. Pour "Les éclats du silence"  aucune documentation n’a été nécessaire, si ce n’est la consultation de mon journal intime et la mise en marche de ma mémoire. Je suis donc passé rapidement à la rédaction. Les événements se sont enchaînés d’eux-mêmes en toute logique, et les interactions des personnages n’ont pas eu besoin d’être définies avant l’écriture, je dirais qu’elles se sont imposées d’elles-mêmes en cours de travail.

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W: Dans l'Avant-Propos de votre livre, vous écrivez: « avec le temps qui passe, les souvenirs personnels manquent presque toujours de précision et j'ai préféré consigner sans tarder ma mémoire car je sais que des signes précurseurs me font craindre de la perdre totalement ». Garder la mémoire vous importe tant ? 

GB:  Voyez-vous, il  se trouve que parfois, par un simple instant d'attention donné au passage d'une photographie de famille, d'un objet offert, dans notre regard et notre impression hâtive, d'une discussion marquante, on retrouve un peu de souvenirs qui, avec les années, s'y sont attachés.
Sitôt que l'on a le temps de s'arrêter, de remarquer, de laisser monter des mélanges de souvenirs, les questions, les doutes et les joies, cachés tout au fond de façon obscure et inconsciente, montent comme un essaim de toute part, nous entraînant en nous-mêmes, de plus en plus profondément et apportent un message non pas de contradiction et de désolation, mais de calme et d'espérance. La mise en marche de la mémoire c'est çà.

                                                                                

"Les éclats du silence" est un livre de  souvenirs, heureux et malheureux, et la mémoire porte, en réalité, le dépôt tangible de ce déroulement d'une tranche de vie de trente années silencieuses. Souvent, dans mon 'journal intime', la simple mention d'un jour et d'un lieu me replongent dans les évènements avec les personnages que j'ai côtoyés à ce moment-là. J'ai gardé la mémoire fidèle des faits. Les souvenirs cheminent en nous alors que nous croyons les avoir fermement relégués dans l'oubli. Pensez-donc, il n'en est point.
Des incidents de santé ont un peu fragilisé ma mémoire que je tiens pourtant à sauvegarder, et je vous avoue que  cette instabilité même du souvenir me parait fascinante.
La mémoire est un libre mouvement intérieur si complexe, si subtil et fuyant, et illustre mieux encore la richesse de la vie des sentiments, et c'est précisément pour cette dernière raison qu'il m'importe de la conserver intacte... 
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W: Quelle est votre force en tant que nouvel écrivain ?

GB:  J’essaie de rendre mes personnages aussi réels que possible, psychologiquement parlant et je crois aussi que j’ai les connaissances et l’honnêteté nécessaires pour réussir la description de certaines choses. Lorsque l’on parle de chevaux par exemple, ou de la volonté de réussir quelque chose, j’ai quelques expériences utiles qui peuvent aider à rendre ce genre de choses plus authentiques quand je les couche sur le papier.

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W: « le fiston »  cité dans le livre n'est-il pas un personnage qui joue aussi des tours à son auteur ?

 
GB:  Oui, très souvent et parfois même il veut lui échapper !. Il est comme un très bon ami. Je l’apprécie comme tel, mais je n’ai aucun contrôle sur lui. Il fait ce qu’il veut, et va son propre chemin !
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W: Quel est l'un de vos points forts ?

GB:  Mon point fort est sans aucun doute la ténacité. Rien ne peut vraiment m'abattre et si je rencontre une difficulté sur mon chemin, je ferai tout pour la contourner et la retourner en ma faveur autant que possible.
Je n'ai qu'un but dans la vie : m'en sortir, et encore plus aujourd'hui qu'hier...

En guise de clin d'œil, voici un exemple d'un “ point fort ” réalisé: sachez que ce que j'ai écrit en tout premier pour "Les éclats du silence", a été le dernier chapitre qui a fini le livre. Commencer par la conclusion, n'est-ce pas un petit paradoxe de la littérature ?

                                                                           


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W:  Vous venez de dire que pour “ Les éclats du silence ” vous avez commencé par la fin, épilogue que vous connaissiez bien entendu.


GB:  Dès l'amorce du manuscrit je savais forcément où j'allais et c'est pour cela que j'ai commencé par la fin. Je connaissais la fin de l’histoire avant vous, et l'intrigue au fil des pages progressait inéluctablement vers cette fin.
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W: Lire c'est ce qui est le meilleur compliment que l’on puisse faire à un auteur, n'est ce pas?.
  

GB:  Certes, et côté auteur, c’est pour la satisfaction de communiquer sa propre vision du monde ou des choses aux autres que l'on écrit pour le lecteur !. Cela paraît prétentieux, mais par essence, je crois que c’est ce qui est au cœur du fait d’écrire.

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W: Comment réagissez-vous aux critiques qui paraissent ici ou là ?

GB:  D’une manière générale elles sont bonnes, et je réponds aux critiques, quelles soient positives ou négatives, ne serait-ce que pour saluer le travail du critique !. Il importe pour moi qu’elles soient étayées, qu’il n’y ait pas derrière une volonté de nuire comme on peut en trouver parfois.

On peut être choqué, on peut ne pas aimer. Mais je ne trouverais pas normal que pour un bon mot on sacrifie deux ans de travail et ma réponse serait alors très sévère.
Ceci-dit, aucune critique d'un lecteur n'a pu me blesser car aucune n'a été blessante ;  je me dis aussi que peut-être, les remarques tendres et légères du lecteur peuvent être le résultat d'un effort sur lui-même !
Et puis de toute manière j’en ai pris mon parti dès le début. Quand j’ai des critiques, très bien ; quand je n’en ai pas, tant pis. L’essentiel est que le livre ait eu un grand public et que mes lecteurs me demeurent fidèles.

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W: La relation entre un père et son fils est très intime. La dévoiler au sein d’un livre ne vous a pas gêné ? N’aviez-vous pas peur en la vulgarisant d’en ôter une part de sacralisation ?

GB:  Certainement pas compte-tenu du contexte. Je voulais que mes pensées soient retranscrites et montrées comme telles, et cela m’importait. Et puis, bien sûr, après, effectivement… j’ai eu le sentiment de presque avoir trop dit, trop écrit, parce qu’il faut bien le reconnaître, ce sont des relations anormales et j'ai réalisé par la suite que c’était presque de l’impudeur… Mais je ne regrette pas.
Il s'agit un peu de mon histoire, du reste j'ai incorporé dans le livre des notes de mon journal intime, ce qui ne veut pas dire en méthode "à la psy".

                                                                                   

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W: Grosso modo, vous laissez le lecteur devant ses points de vue face au sujet évoqué, celui d'un tabou millénaire ?
GB:
  Bien sûr. Je parle d’un sujet complexe et je n’ai pas de leçon à donner. C’est au lecteur de réfléchir, mon travail consiste juste à poser les questions.
Encore une fois, je considère que ma réflexion de fils-auteur doit savoir proposer les bonnes interrogations. Le reste appartient aux spécialistes (médecins ? politiques ?) qui donnent les solutions mais, semble t-il, ils n'en n'ont pas à proposer depuis des lustres et c'est bien pour celà que le tabou de l'inceste persiste.

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W:  Il y a une certaine douceur dans les propos malgré ce qui s'est passé; la religion, la vôtre, y est pour quelque chose?

GB:   L'homme, avec toutes ses limites et ses imperfections, peut être admirable malgré tout, mais l'homme peut aussi réagir pire que nous l'espérions et ainsi donc devenir infiniment, ... « détestable supérieur ».

Ceci étant précisé, tout d'abord que l'on ne se fasse pas d'illusions: la violence de mon écriture dans mon manuscrit initial m'a surpris.  Dans la version livre, j'ai préféré « adoucir quelques scènes », et je reconnais que ce côté « bienveillant »  m'a aidé à me reconstruire. Effectivement donc, on ne trouvera pas dans ce livre ni anecdotes palpitantes, ni révélations scandaleuses outre mesure, ni de théories « décapantes », d'où une relative douceur ressentie dans mes propos par des lecteurs qui m'en ont fait reproche.
Ma vérité de langage est plutôt sage, certes, mais il faut, je crois, un certain courage pour avouer ce qui s'est passé, en toute candeur, et probablement en contradiction -pour ne pas dire à contre sens-, avec toutes les modes littéraires pour qui le "langage-scandale" genre tabloïd  fait souvent recette. Mes souvenirs sont, comme ma vie, à l'opposé de telles modes.

Ma douceur de langage est probablement en osmose avec ma religion, et dans mes personnages, quels qu'ils soient, je pense qu’ils doivent être traités de façon réaliste et honnêtement dans la narration. Rien ne m’ennuie plus qu’une narration condescendante qui prétend être juste en ne montrant qu’un seul côté, ou avec des personnages dotés de faibles structures de croyance qui n’existe simplement que pour montrer à quel point elles sont fausses (exemple: "The Da Vinci Code").

                                                                                      

Ma religion est une grande partie de ce que je suis, et il serait impossible de distinguer toutes les façons dont elle m’affecte.
Mes croyances religieuses me font croire en la providence -ce qui signifie que je pense que faire ce qui est bien amènera sa propre récompense-, même si cela n’apparaît immédiatement dans les circonstances de la vie.

La relative bienveillance de mes propos est une autre manière de dire l’espoir au-delà de la brutalité des faits et de l’apparente intransigeance de l’histoire.
Pour le reste, dans un livre en classification “ Récit-vécu ”, il me paraît normal qu’un écrivain traduise par son écriture le reflet implicite de sa propre vie, de ses expériences personnelles. C’est aussi l’environnement dans lequel il a baigné dans l’enfance, dans sa jeunesse, qui a des répercussions sur son œuvre.


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W: Mais ce sont là des ouvrages qui laissent encore une place aux bons sentiments?.

GB:   Il faut effectivement se méfier de nos admirations, sinon on finit par écrire la suite de l’Evangile selon Saint-Paul en rêvant de devenir archevêque, et il n’y a rien de pire pour la liberté de penser.
Néanmoins j'aime bien les ouvrages qui veulent bien se laisser écrire et qui laissent place aux sentiments bons.

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W: A ce propos, l’appréciation enthousiaste de vos lecteurs n’éveille-t-elle pas en vous le désir de produire d’autres livres du même genre ?
 
                                                              
GB:
  NON, absolument pas. Lorsqu’on me sollicite ainsi, je refuse d'entrer dans une catégorie de récit. J’aime me confronter avec diverses formes d’écriture, à effectuer toute expérience à laquelle me convie mon âme. Et pour le moment je ne sais pas où m’entraîne cette succession d’expériences...
Ce qui est sûr, c'est que je préfère choisir et il en sera ainsi pour le futur livre, et une fois que j’aurais commencé de l'écrire, je m’y mettrais volontiers avec probablement souvent beaucoup de bonheur. 

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W:  Vous aimez écrire; la langue française vous plait-elle ?

GB:   Oui elle me plait parce qu'elle résiste depuis des siècles.
Sachez qu'en 1790, l'Abbé Grégoire avait engagé une vaste enquête sur les parlers des campagnes, qui débouchait trois ans plus tard sur un rapport remis à la Convention où était affirmée « la nécessité d’anéantir les patois et d’universaliser la langue française ». De quoi ébranler  le Raboliot , et pour moi qui affectionne la Région de Sologne, je suppose qu'à cette nouvelle, les conteurs solognots ont dû, à l'époque, trembler dans les chaumières en torchis !

Certes, la vision de l’Abbé Grégoire était rationnelle, légitimée probablement par son souci de généraliser l’éducation, mais elle était utopique et elle ne résistera ni aux changements politiques qui suivirent, ni au poids des habitudes et  encore moins aux attachements aux parlers locaux !.  Il faudra attendre que l’œuvre éducative de Jules Ferry produise ses effets pour que le français devienne réellement langue de tous, et peu à peu fondement du sentiment d’identité nationale.

Et puis, au fil des décennies successives, le latin recule devant les progrès du français dans ce qui fut son espace privilégié, le savoir, la communication des connaissances, et dans toute l’Europe on réfléchit aux langues nouvelles, face au latin qu’on ne tient plus systématiquement pour langue de culture. Le Collège royal, qui deviendra plus tard Collège de France, sépare peu à peu le latin du français, faisant du premier une langue figée dans des règles intangibles, donc une langue morte. Le français prend donc son aise.

                                                                         

Dumas, Hugo, Balzac, Flaubert, Césaire, La Fontaine, Maupassant, Pasteur, Proust, Senghor, Montaigne, etc..., c'est là peut-être que la langue française prouve une nouvelle fois son aptitude à rassembler, autour de personnalités alors encore inédites, et on constate que le français a véhiculé beaucoup plus que d’autres langues, les ouvrages scientifiques, philosophiques ou littéraires et c’est cette intense production d’œuvres qui explique que la langue française soit devenue au fil des siècles le symbole d’une culture européenne, d’un idéal de tolérance mais aussi de civilité, de sociabilité, de douceur de vivre, et la francophonie atteste d’une persistance de l’envie du français à travers le monde et reste une des formes d’universalité.

Cette langue française me plait parce qu'elle est un véritable aimant  catalyseur d'esprits, qui attire aujourd’hui une communauté d’hommes dispersés dans le monde, divers par leurs origines, leurs cultures, leurs aspirations, leurs langues maternelles aussi. 

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W: Le handicap-moteur vous immobilise. L'écriture, heureusement, vous mobilise.

GB:
    Au fil du temps, les choses s'abîment ou comme le vase de Soissons, se cassent ; c'est comme nous tous...
Je ne me réclamerais certes pas de la même ancienneté que le Vase de Soissons ni de la même élégance ; mais je ne suis plus du tout la personne que j'avais été dans ma tendre jeunesse !
Au fil des ans, on découvre que tel mouvement est douloureux ou compliqué à faire, ou que tel autre n'est plus possible. Ou bien on déplore que l'on ne peut plus aller jouer au ballon sur la plage avec les copains ou de partager avec eux les plongeons dans la piscine, ni de pouvoir danser dans une soirée estudiantine à laquelle je suis convié ; qu'il devient impossible même de rester trop longtemps assis.

Je me déplace avec un fauteuil roulant électrique et je dois demander de l'aide pour certains gestes de la vie courante ; mais je ne vais pas vous donner le détail de mes misères qui ont abîmé mon corps, car tout l'effort des personnes “en situation de handicap”  vise continuellement à les dissimuler, à faire semblant, à présenter l'aspect le plus normal possible.

                                                                                

V
ivre avec un handicap-moteur immobilise beaucoup, c'est un effort de tous les instants ; et c'est une humiliation. On a très souvent, -ou presque-, besoin d'aide ; et l'on déteste être aidé plus qu'il n'est strictement indispensable. 

Au passage, j'apporte ici une reconnaissance affectueuse à mes aidants auxiliaires de vie qui supportent depuis déjà de longs mois mes tribulations avec patience et quelquefois amusement (disent-ils !).

Parfois je croise dans l'avenue toute proche, un regard me fixant puis fuyant, comme s'il ne fallait pas un courage et une décence exceptionnels pour poursuivre son chemin.
En cet instant, l'écriture me mobilise pour vous le crier...

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W: La mort vous fait-elle peur;  y pensez-vous souvent? 

GB:  La mort, on y pense parce qu'elle se révèle au seuil de la maladie, ou de la vieillesse. Peu à peu, mois après mois, année après année, jour après jour, nous nous abîmons comme je le disais précédemment; et nous percevons de mieux en mieux ce qu'est la mort, et évidement tous ceux que nous aimions, qui nous aimaient, nous ont trop clairement appris ce que d'être mortel.

On est là, me direz-vous, dans la marque du temps qui passe, que les affections s'usent et que les êtres les plus chers vous sont arrachés en attendant que nous-mêmes nous disparaissions de cette Terre.
On est à ce moment-là dans la marque du temps qui ne reviendra jamais.

Cette intensité des perceptions va peut-être avec la pensée de la mort. Autrement-dit, j'y pense souvent et finalement je découvre, dans la sérénité, les beautés ou le sens de la vie, et l'amas de richesses qui a mûri secrètement dans ma jeunesse. L'intensité des sentiments croît avec le rythme de ce que l'on apprécie bien comme ce qui est prêt à vous échapper...

Ce que j'écris là est "poignant", et ce mot est beau car il va avec les joies, quand elles se mêlent au sentiment toujours tragique du temps qui s'enfuit; il s'adapte également avec l'acceptation, la reconnaissance, la pitié, la grâce, à des regards échangés, à des silences partagés.


                                                                                    

Personnellement, la mort ne me fait pas vraiment peur. La souffrance, la douleur, oui.
Que voulez-vous, la mort arrivera quand elle le voudra, un jour viendra cette marque irréparable.
«  absolvo te memento nori »    (à présent souviens-toi de la mort à venir)

Mais moi je n'ai rien à sacrifier, -ni ma jeunesse, ni vaillance, ni grand avenir- et l'acceptation ainsi faite a donc une tout autre valeur.
Mais j'essaie simplement de ne pas trop y penser ...et je mets un gros oreiller par-dessus toutes ces pensées!


J'arrête là, mes regrets s'amenuisent de se confondre avec le sort commun et il est temps de me reprendre car ces simplifications abusives vont gâter mon plaisir de vivre !
L'espoir, comme une source naturelle et éternelle, nous fait miraculeusement guérir du mal de vivre, du coup, l'on renaît à l'idée que tout, un jour, peut aller mieux...

C'est ici un de mes derniers propos de la victoire de la vie sur la mort,  une façon extrême d’entrer dans le présent éternel, où nous trouvons l’espérance...

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W:
Quel est, à votre avis, le paradoxe de la vie ?

GB: Je crois que quelque part le XXème siècle a vraiment été le plus hallucinant qui soit : d'une part, une cruauté d'un « raffinement » satanique qui a amené des guerres, le massacre de millions d'innocents, et d'autre part un esprit humanitaire « sans frontières »  jamais vu sur notre planète.
On le constate, le cœur humain n'est pas aussi simple et il inclut en lui-même des considérations et des comportements opposés dans le drame de la misère.

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W:  Vous n'aimez pas les guerres ?

GB:
   Qui aime la guerre à l'exception des détraqués de la gâchette? Je suis né bien après la dernière guerre qui s'est déroulée dans notre Pays, mais pour l'avoir lu dans les meilleurs livres de l'Histoire de France, dans toute guerre, les hommes tombent courageusement et voient leur vie tranchée; nous ne le savons que trop.

                                                                        

L'idée de cette mort à la guerre, à toutes ces guerres horribles , a de quoi nous émouvoir tous. Peut-être y suis-je particulièrement sensible, en mémoire à mon grand-père paternel tombé sous les bombes en Juin 1944, comme tant d'autres citoyens fauchés de la même manière. Certes, il a été cité par la Nation dans l'ordre du “ Souvenir Français ”, reconnaissance posthume au courage. Une consolation humaine  pour un désastre humain.
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W: En une seule réponse, que peut-il arriver de pire à un être humain ?

GB:
  Perdre la considération à laquelle toute personne humaine a droit, est sans nul doute pire que la mort physique, car c'est la mort de l'âme.

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W: Avez-vous une conviction particulière ?

GB:
   OUI.
Mon pays restera toujours la France et mes amis seront ceux des pays qui voudront bien être mes amis.


                                                                                                                                        © Interview de Gérard Banchereau 01/2oo7


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                                                                           Les éclats du silence
                                                                                de Gérard BANCHEREAU
                        
                                                        
  ISBN: 2-7480-2082-0
                                                                              Editions des Ecrivains - Paris
                                                                                333 pages - reliure-broché
                                                                Dépôt Légal : Bibliothèque Nationale de France
                                                                                   -
4ème trimestre 2004 -
                                                                       
                                                                                 photo: tous droits réservés
                                                                                            
                                                                         
                                   
                                    L'ouvrage "Les éclats du silence" de Gérard Banchereau en espace librairie
                                     (photo: tous droits réservés)

                   
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      MAJ: 15/02/2011

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 ♦   
Gérard Banchereau   

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